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histoire de grand-couronne

La maison de la Sente des Palis

Publié le par societe-histoire-grand-couronne.over-blog.fr

La maison de la Sente des Palis

La maison de la Sente des Palis

 

Cette maison, située 51 avenue du Général Leclerc a été occupée jusqu’à une époque récente par l’Institut médico-éducatif « Les Montées ». Depuis la construction du nouvel IME aux Essarts, elle est inhabitée et on ignore ce qu’elle deviendra. Or, cette propriété fait partie du patrimoine de Grand-Couronne, elle a une histoire.

Construite en 1861 par Madame Lefort, veuve de Louis Paul Lefort, propriétaire de la manufacture de tulles et dentelles, elle servit de logement à Edmond Laporte. Au décès de son mari en 1859, Madame Lefort (née Fizeaux de la Martel) le fait venir à Grand-Couronne pour diriger l’usine. Âgé de 27 ans, il devient son homme de confiance, s’occupant surtout de la partie commerciale. Il faut croire que Mme Lefort était satisfaite de la gestion d’Edmond Laporte car, dès 1862 elle ajoute, en sa faveur, un codicille à son testament par lequel elle «  lui donne et lègue pendant sa vie la jouissance purement personnelle de la maison qu’il habite avec les dépendances. » Et, le 3 août 1870, elle lui vend cette maison pour 100 000 francs.

Après le décès de Mme Lefort en 1877, Edmond Laporte se retrouve sans emploi et sans ressources. Il entre à l’inspection du travail en 1879. Inspecteur à Nevers puis à Paris, il conserve sa maison de la Sente des Palis où il revient pendant les vacances et où il s’installe définitivement à sa retraite en 1905 mais, gravement malade, il décède le 7 octobre 1906.

Le 2 mars 1937, Madame Marie Laporte et son fils vendent la propriété à la PEC pour 120 000 F. Le 24 juin 1968, elle passe à APC qui absorbe la PEC ce jour-là.

Le 30/12/1992 la commune en fait l’acquisition pour installer l'IME “Les Montées" et confie la gestion au CCAS. L'établissement devient autonome en 1993.

Par acte notarié du 27/12/2004, chez Maître Bouju, à Grand-Couronne, le CCAS vend à l’IME le bien situé 1 rue des Palis.

 

Répertoriée à l’inventaire du patrimoine elle est ainsi décrite : «  La maison est en retrait par rapport à la rue. Elle est construite en assises alternées de brique rouge et blanche. L'avant-corps central d'une travée est surmonté d'un pignon. Elle a un étage carré et un étage de comble en surcroît, le rez-de-chaussée est surélevé. La toiture à longs pans en ardoise est soulignée de lambrequins, Le pignon central est flanqué de deux lucarnes-pignons. La corniche est soulignée d'une frise à motif géométrique en brique rouge et ocre. On retrouve ce même décor au niveau du bandeau central. Une large marquise protège le perron et la porte d'entrée. »

Edmond Laporte n’a pas été seulement l’occupant de cette maison et le directeur de l’usine de tulles. Il a été conseiller municipal à Grand-Couronne, conseiller général du canton de 1874 à 1898 ; à ce titre il a fait acheter et restaurer par le département la maison des champs de Pierre Corneille, devenue musée. Inspecteur du travail, il a œuvré pour l’amélioration des conditions de travail dans les manufactures et notamment de celles des enfants. Passionné de littérature, il a noué d’étroites relations d’amitié  avec Flaubert, il l’a accompagné dans plusieurs de ses voyages et l’a reçu dans cette maison.

Aussi, à la Société d’Histoire, nous souhaiterions que cette maison soit préservée.

 

                                                                                                                      Thérèse Boulanger

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Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard

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Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard
Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard
Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard
Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard
Troisième tome de l'histoire contemporaine de Grand-Couronne : 1939-1947 par Gérard Gillard

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Un instituteur dans la Première guerre mondiale "Gaëtan Raullet (1879-1965)".

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Société d'Histoire de Grand-Couronne

Article paru le Tambour de Grand-Couronne le 9/11/2018

Gaëtan RAULLET, directeur de l’école de garçons de Grand-Couronne, est mobilisé dans la 22e Territoriale. Sa correspondance avec Théophile LAMBERT révèle son état d’esprit et son quotidien de poilu.

Il évoque les pertes subies dès le début du conflit :

« Les vides qui se sont creusés dans nos troupes vont être amplement comblés avec autant de nouvelles recrues », dont l’ardeur combattive a déjà permis « ces avances insignifiantes de nos troupes qui prouvent de leur part un courage à toute épreuve. » « À ceux qui ont déchaîné une aussi terrible tempête », il souhaite un châtiment exemplaire.

« Il faut être sur les lieux pour se rendre compte des difficultés ».

La boue… « À nous l’argile, la glaise qui nous colle au sol et se colle aux effets ! » (21/12/1914). « Je suis de nouveau un habitant des cavernes dans la craie protectrice de la Champagne mais combien stérile ! … Nous avons repris la vie des tranchées succédant à nos travaux de terrassiers ».

Les gaz : « les Boches nous ont gratifiés de gaz lacrymogènes qui auraient pu nous faire supposer que nous avions épluché beaucoup d’oignons. » (19 octobre 1915).

La nostalgie « des années passées » perce dans ces missives. « Je revoyais le tir du 14 juillet où les habitants rivalisaient d’adresse pour gagner la modeste bouteille de champagne… C’était le bon temps. Il reviendra mais beaucoup manqueront à l’appel … Les vrais canons font entendre leur voix plus terrible et plus grave que le bruyant joujou de M. Vallée ». (17 juillet 1915).

Après l’armistice G. Raullet a repris son poste jusqu'à sa retraite.

Retrouvez cette correspondance dans Grand-Couronne pendant la Première Guerre mondiale à travers la correspondance des familles Édition Société d’Histoire.

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LE TOUR DE FRANCE A GRAND COURONNE EN 1990

Publié le par societe-histoire-grand-couronne.over-blog.fr

Le Tour de France est passé à plusieurs reprises dans notre ville  à l’occasion d’un départ ou d’une arrivée à Rouen. Son passage a  toujours été un événement attendu avec impatience, marquant l’histoire de la commune.

Gravées dans les mémoires  resteront sans aucun doute les deux épreuves disputées sur le circuit automobile des Essarts.

La première, le 11 Juillet 1954, un contre la montre par équipes remporté par l’équipe Suisse (Kubler, Koblet, Graf).

La seconde, le 08 Juillet 1956, toujours un contre la montre, cette fois individuel gagné par le Luxembourgeois Charly Gaul.

Des années plus tard, le Tour revient, nous sommes le  mercredi 04 Juillet 1990 et malgré une pluie incessante, les Grand-Couronnais sont venus en nombre, attendre patiemment  pendant de longues heures, le passage de la caravane et des géants de la route. C’est la cinquième étape, la plus longue que les coureurs auront à parcourir au cours de cette 77éme édition, 301 km pour rallier Avranches à Rouen en passant par Saint-Lô, Lisieux, Pont-Audemer et  Elbeuf.

Pas loin de l’arrivée, se dresse la difficile montée du circuit des Essarts, côté opposé aux anciennes tribunes, puis la longue descente menant vers l’avenue Foch. C’est un homme seul, le dossard 186 qui traverse sous les applaudissements le centre-ville de notre cité, le Néerlandais Gerrit Solleveld de l’équipe Buckler qui s’imposera à Rouen avec 4’27’’ d’avance sur le peloton, après 95 km d’échappée. Le Canadien Stève Bauer conserve son maillot jaune. Le lendemain, les coureurs s’envoleront de Boos pour rejoindre Sarrebourg et poursuivre la course.

A Paris, comme en 1989, l’Américain Greg Lemond est le vainqueur et inscrit son nom pour la troisième fois au palmarès du  Tour de France.

Société d’Histoire de Grand-Couronne

 

Photos : La caravane publicitaire traverse Grand-Couronne.

              Le peloton à la poursuite de l'échappé

 

 

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Mathilde bienfaitrice de Grand-Couronne

Publié le par societe-histoire-grand-couronne.over-blog.fr

Article de la Société d'Histoire paru dans le Tambour de Grand-Couronne

Mathilde, "emperesse" d’Allemagne, reine d’Angleterre, duchesse de Normandie, bienfaitrice de Grand-Couronne
et pourtant méconnue.

Pourquoi figure-t-elle sur le bas-relief de la mairie ? Pourquoi sa couronne est-elle sur les armes de la ville ? Pourquoi une avenue, un collège technique, une auberge à son nom ?

Elle a fait don aux paroissiens de Grand-Couronne de prairies inondables une partie de l’année mais bien vertes en été, ce qui a été très longtemps fort utile à tous les habitants du village. La date du don n’a pas été retrouvée. Trois occasions possibles.

Longtemps les Couronnais l’ont confondue avec son illustre Grand-mère, épouse de Guillaume le Conquérant, commanditaire de la célèbre Tapisserie de Bayeux.

Née le 7 février 1102, fille aînée de Henri 1er Beauclerc, roi d’Angleterre, à l’âge de 7 ans elle est fiancée au futur empereur du Saint Empire Romain Germanique. Elle reçoit une instruction très complète, latin, allemand, histoire. 1110 elle part en Allemagne, où son éducation se poursuit jusqu’à son mariage en 1114. Aux côtés de son époux, elle participe à la vie politique et à la gestion de l’empire.
L’empereur meurt en 1125, elle n’a pas eu d’héritier. Elle revient en Normandie. Son père prévoit un nouveau mariage avec Geoffroy Plantagenêt qu’elle refuse d’abord. Envoyée à l’abbaye de Mortemer « pour réfléchir », elle fait de nombreux dons aux pauvres. Mariée en 1128, elle a du mal à concevoir, c’est l’occasion d’autres libéralités.

Henri 1er la désigne comme héritière mais en 1135 son cousin Etienne de Blois se fait couronner roi d’Angleterre et commence une longue guerre civile. Finalement elle perd la bataille. Etienne qui n’a plus d’héritier promet la couronne à son fils. Après ce compromis elle se retire en Normandie et de nouveau distribue de ses biens aux couvents, et aux pauvres.

Elle meurt en 1167.

 

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Recherche témoignages et photos sur les événements de Mai 68

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La Société d’Histoire de Grand-Couronne

recherche témoignages et photos sur les événements de Mai 68.

 

Les Couronnais qui souhaitent faire part de leurs souvenirs de mai 68 sont invités à les mettre par écrit en quelques lignes et à nous les adresser, si possible avec des photos qui leur seront rendues.

Ne pas oublier de mettre vos coordonnées.

Ces témoignages et/ou documents, qu’ils proviennent du personnel des usines existantes à cette période, ou des habitants de la ville, serviront à la rédaction d’une brochure pour souligner cet événement important pour Grand-Couronne.

Merci de votre participation.

Documents à adresser à la Société d’Histoire, 36 Place Aimé Césaire, ou à déposer dans la boîte aux lettres de la SHGC à la Mairie. On peut aussi nous rencontrer lors de nos permanences, le vendredi  de 14 h 30 à 18 h.

 

Christian STEPHAN

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XVIIIe siècle

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XVIIIe siècle

Si l'agriculture ne connaît pas d'évolution importante, on a pu parler « d'âge d'or » du textile à domicile. En effet, dans les campagnes autour de Rouen, des marchands de la ville distribuent la matière première (la laine essentiellement à Grand-Couronne) à des fileuses et des tisserands qui sur des métiers domestiques, réalisent la fabrication des fils et des tissus, récupérés ensuite par le négociant. En 1701 une famille peut ainsi gagner 43 sous par jour (15 pour le père, 8 pour la mère,5 pour chacun des quatre enfants). Apparemment la rémunération est meilleure que celle du journalier agricole. Dès février 1714 l'archevêque de Rouen se plaint : « on abandonne la culture des champs... et on ne peut plus trouver du tout de bûcherons pour façonner les bois... à cause de l'activité textile dans les campagnes ». 1721 : Des récoltes se font difficilement " avec beaucoup de peine et d'argent " pour la même raison. Si bien qu'en 1725, le Parlement de Normandie défend aux toiliers et passementiers d'envoyer leur coton à filer au dehors... afin d'empêcher les habitants de la campagne d'abandonner la culture des terres (recommandation suivie d'effet ?). Passé le milieu du siècle, la situation se détériore : l'aune de toile, payée huit sols aux ouvriers en 1750, l'est sept en 1751. En effet, on commence à, reconcentrer la production en ville. La signature, en septembre 1786, du traité de commerce franco-anglais plonge toute la région dans la crise économique : les tissus anglais, fabriqués avec de nouvelles machines, reviennent moins chers.

Quand, à la veille de la Révolution (1788), la commission intermédiaire lance une enquête sur le paupérisme,   le pessimisme est de  mise : à Grand-Couronne, qui a alors  260 feux (un peu plus de  1 000 habitants), on compte plus de 200 fileuses et toiliers, 7 vieillards et infirmes, 12 familles nécessiteuses, mais 200 chômeurs sont prévus.

Les impôts pèsent lourds dans l'accroissement de la gêne. Le siècle a été fertile en nouvelles contributions : la capitation, rétablie en 1701, qui devait permettre à l'État d'imposer les privilégiés et était établie suivant le degré de fortune, devient en réalité un simple supplément à la taille toujours en vigueur. En 1710 apparaît le dixième sur les propriétés, les offices et les revenus industriels et commerciaux ; levé de façon épisodique, il est supprimé en 1749 ; on le remplace immédiatement parle vingtième sur tous les revenus ; mais, dans les campagnes, le plus impopulaire de toutes ces décisions fut lerétablissement en 1738 de la corvée, tombée en désuétude, sous forme de temps de travail consacré à la construction des routes et à divers travaux publics, les plus aisés peuvent y échapper par le rachat (somme versée à la place du travail. En 1778, elle est convertie en une nouvelle prestation en argent ou en nature (fourniture de cailloux, d'empierrement ou de transport, etc.).

D'autres fléaux accablent les masses rurales. Les aléas climatiques sont toujours redoutés (le plus connu étant le "grand hiver" 1709-1710, "funeste", "féroce"), sources de crise alimentaire et d'inflation démesurée du prix des grains.

Il faut compter aussi avec les épidémies qui affectent le bétail. Dans un village où l'élevage est la plus rémunératrice des activités agricoles, presque tous les bestiaux de la paroisse de Grand-Couronne de la "donne" en 1716. Une autre épizootie ravage les élevages en .1770.

Aussi, entre les périodes de détente où les récoltes sont satisfaisantes (printemps et étés chauds entre 1711 et les débuts des années 1730) on connaît des années noires. Les comptes de la fabrique de l’église pour 1739 sont fortement affectés : « la pauvreté des habitants empêche que l'on ne loue les bancs (de l'église) ».

Aussi les Couronnais sont-ils de plus en plus pointilleux sur l'utilisation de leurs biens communaux. Les procès se multiplient contre les paroisses voisines pour faire pâturer leurs bêtes dans les prairies. Moulineaux est particulièrement en cause (procès d'août 1732 à 1740) : on nomme un gardien surveillant les intrusions à la rigole Bigot. Ce poste figure encore dans les comptes de 1770. L'État continue à prétendre à la possession des prairies, mais, prudent, il se « contente » de faire payer de lourdes taxes à la communauté « pour être maintenue et confirmée en la possession et jouissance des communes prairies » ! 600 livres en 1735, 500 en 1744, alors que ces terres ne rapporte à la paroisse que de 700 à 800 livres, ce qui incite de riches propriétaires à lui prêter de l'argent et leur permet d'encaisser de confortables intérêts.

La forêt de Rouvray qui mesure alors 4 000 hectares (7 960 arpents) semble sortir de sa séculaire désolation. Le dynamique garde-marteau des eaux et forêts de Rouen, Jacques-Nicolas Rondeau à l'idée (1731) de transformer les landes et bruyères et tous les terrains « vagues et abroutis » en plantation de pins sylvestres ou maritimes, à partir de graines achetées à Bordeaux. En 1740, le Conseil d'État décide que le traitement des feuillus se fera désormais en demi-futaie avec révolution de 25 ans. En 1750 est lancé un plan de repeuplement de 400 arpents en bouleaux (qui d'ailleurs dépérissent rapidement), puis de 300 chaque année. Mais la lutte n'est pas encore gagnée. En 1754, 3 000 arpents ne sont encore d'aucun rapport, à cause des déprédations et de coupes exagérées.

À l'intérieur du village, l'histoire « politique » est marquée par un interminable seigneurial qui se place, cette fois, sur le terrain juridique. Ce nouvel avatar débute en 1753 lorsque l'abbaye de Saint-Pierre-sur -Dives, possesseur du fief de l'Épinette., vend celui-ci au sieur Louis de Pommeraye, un riche Rouennais « écuyer, conseillé du Roy, maître ordinaire à la Cour des Comptes de Normandie », avec tous les droits qui y sont attachés. Guillaume Haillet de Couronne, seigneur de Petit-Couronne et titulaire de l'autre fief du village de Grand-Couronne, le fief Deshayes, refuse que Pommeraye se pare des prérogatives anciennement réservées à l'abbaye et qu'elle négligeait beaucoup. C'est l'affrontement, porté tout de suite par un procès qui n'a pas encore trouvé son issue en 1789. Requête, mandement, plaintes, factums, se succèdent auprès de juges qui ne semblent pas pressés de prendre parti entre jean-Baptiste Haillet et Nicolas de Pommeraye qui poursuivent la querelle de leurs pères.

Parallèlement, la vie villageoise s'organise de manière de plus en plus rigoureuse. Des assemblées d'habitants se réunissent pour examiner les comptes du receveur choisi parmi les notables, comme d'ailleurs le syndic qui les représente tous avec le curé. Les « petites écoles » sont tenues par le vicaire qui reçoit, en 1763, 220 livres par an. Date capitale : en juin-juillet 1787 est créée une nouvelle hiérarchie d'assemblées provinciales, mais aussi de paroisses. Naît ce qu'on n'appelle pas encore le conseil municipal. Curé et seigneur en font partie de droit, avec de trois à neuf membres (selon la population) élue par l'assemblée des habitants. On substitue le régime représentatif des municipalités à celui de quasi-démocratie directe des assemblées générales. L'élection de septembre-octobre porte à sa tête le syndic Guillaume Cave.

Au 18e siècle Grand-Couronne a vu apparaître de nouveaux bâtiments, par exemple la   « Maison blanche » en fait le lieu de résidence des Pommeraye, rénové dans les années 1780 ; le nouveau (et actuel) presbytère : au château du Grésil, la chapelle Sainte-Catherine bénie le 5 juillet 1734 ; des maisons bourgeoises comme celles du quatre rue Clemenceau achevée en 1765. Aux Essarts sont bâties des communs et la chapelle de la maison Saint-Antoine (1757). Par ailleurs en 1704, la chapelle Saint-Marc (alors sur le territoire de Moulineaux) est réunie à l'hôpital de Bourg-Achard. En ruine, et devenue « un asile de vagabond », sa démolition est autorisée en 1764. L'actuelle croix Saint-Marc est érigée en 1772.

L'église Saint-Martin, elle, est plutôt négligée : ainsi, ses chapelles Saint-Nicolas et Saint-Sébastien y sont interdites d'accès comme trop dangereuses, en 1739. Elle est « un peu découverte et une cloche (est) cassée », constate-t-on en 1752. L'argent manque ; ainsi un projet de « réparation urgente " à la nef, de novembre 1753, trouve-t-il sa concrétisation.

Enfin la ville de Bolbec ayant été, en juillet 1765, ravagée par un terrible incendie (800 maisons détruites), le Parlement interdit désormais de couvrir les maisons en paille ou chaume en agglomération (ce qui ne sera pas immédiatement appliqué à Grand-Couronne).

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La Révolution

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La Révolution

   

Cette période est extrêmement profuse en événements liés le plus souvent à la conjoncture nationale et aux décisions prises au plus haut niveau.

Si ces événements n’apportent pas de modifications capitales dans la vie quotidienne des habitants, le cadre dans lequel elle prend place, lui, est radicalement transformé. En une décennie, on assiste en effet :

À la disparition du système féodal des ordres, en place depuis des siècles.

L’Église perd l’essentiel de ses prérogatives : abolition des dîmes en août 1789, nationalisation de ses biens en novembre 1789, Constitution civile du clergé qui fait des prêtres des fonctionnaires recevant un traitement. Il leur est demandé de prêter serment, ce qui entraîne un véritable schisme.

À Grand-Couronne, le curé Caumont refuse, ainsi que son vicaire Godement, qui deviennent des “réfractaires”. Le vicaire Tournache, lui, accepte (26 décembre 1790) et devient curé à la place de Caumont en mars 1791.. Il est “jureur” comme le vicaire Heuvin, le 25 juin 1792.

L’état civil, jusque-là tenu par le clergé, est laïcisé: la date de naissance y remplace désormais celle du baptême. Le divorce est autorisé le 20 septembre 1792 mais, dans la commune, il n’y en aura qu’un seul durant la Révolution, prononcé le 1er juin 1799.

Caumont a été expulsé vers l’Angleterre, Godement s’est volontairement expatrié.

L’église Saint-Martin a d’ailleurs connu bien des vicissitudes au fur et à mesure que l’avancement dans la Révolution la faisait considérer comme un lieu de réaction: saisie des instruments sacerdotaux en novembre 1793, invasion de l’édifice le 10 février 1794. Saint-Martin se transforme même en Temple de la Raison (mars 1794) et devient le siège de la Société populaire. On y célèbre la Fête de l’Être suprême en mai. Le prêtre  renonce à sa fonction le 28 février 1794 et se marie en avril. Le calme reviendra après la Convention.

La nuit du 4 août 1789 a marqué l’abolition des privilèges. M. de Pommeraye perd tous ses droits de seigneur et doit renoncer à percevoir les revenus attachés à ce titre.

À la création d’une certaine démocratie locale

Dès décembre 1789, les anciennes divisions administratives si complexes disparaissent. Sont créées les structures encore en place actuellement: département, district (futur arrondissement), canton et commune. Grand-Couronne est rattachée au district de Rouen et au canton d’Elbeuf le 1er mars 1790. La commune passera dans le canton d’Oissel, puis dans celui d’Orival et ne deviendra elle-même chef-lieu de canton qu’en 1800.

Le conseil municipal est créé, un registre de ses délibérations aussi. Jacques Guillaume Cavé, ancien syndic, est élu premier maire de l’histoire de Grand-Couronne le 14 février 1790. Malheureusement, le suffrage censitaire a été institué: seuls votent les “citoyens actifs”, les plus aisés. Un tiers des Couronnais ne peuvent s’exprimer. Le suffrage universel masculin sera établi sous la Convention (septembre 1792 - septembre 1795), avant la réapparition du suffrage censitaire.

Il n’y a pas vraiment de mairie ou “maison commune”. On se réunit au début chez Pommeraye, puis chez un des conseillers, enfin dans un local qui donne sur la sente Guenet.

Des organismes nouveaux apparaissent: la garde nationale - formée à Grand-Couronne en septembre 1791 - à laquelle sont assujettis tous les hommes valides âgés de plus de 25 ans. Une Société populaire, un Comité de Surveillance (20 mars 1794) n’eurent qu’une courte durée de fin décembre 1793 à l’automne 1794.

On plante un arbre de la liberté qui meurt en 1797.

Dans chaque commune, la création d’un “garde-messier” (garde-champêtre) est obligatoire le 8 juillet 1795. Enfin, le territoire communal est, le 27 janvier 1791, divisé en quatre sections de terres labourables et cinq sections de prairies (ce qui est encore valable au XXe siècle).

Pendant le Directoire, le système de la commune cantonale sera mis en place. Chaque commune perd son conseil, élit un ou deux représentants (dits agents) qui se réunissent au chef-lieu du canton et, y prennent les décisions . Bonaparte fera disparaître cette innovation et rétablira les conseils municipaux.

De grandes difficultés sociales

Le 29 août 1789, une loi permet la libre circulation des grains; ce devrait être une bonne nouvelle pour une commune comme Grand-Couronne qui arrive toujours difficilement à assurer son auto-subsistance. Mais comme la période est marquée par plusieurs mauvaises récoltes dans la région (1788, 1789, 1794, 1795), nourrir la population devient un défi pour chaque municipalité. On y fait face en empêchant la spéculation (le pain est taxé dans la commune le 29 janvier 1791, en réquisitionnant les récoltes, en obtenant du district des droits d’achat sur les marchés d’alentour, par exemple au Neubourg le 2 juin 1793, à Bourg-Achard le 24 septembre 1793, à Frichemesnil en mai 1794 (où les envoyés de Grand-Couronne se heurtent à ceux d’Oissel, désireux eux aussi de s’y ravitailler), à Saint-Jean-sur-Cailly en juin 1794.

Ce système des réquisitions et les visites domiciliaires, effectuées par des commissaires nommés par la municipalité et destinées à vérifier l’état de leurs stocks, entraîne des désagréments pour les producteurs particulièrement en 1793 et 1794. On voit aussi des réquisitions de chevaux et de voitures.

Le chômage, la misère, les levées de troupes ( “en masse ” en août 1793), avec leur lot de désertion, les logements de militaires (mai 1794) créent un sentiment d’insécurité. Un passeport intérieur est créé le 28 janvier 1794, décerné par les municipalités, pour empêcher le vagabondage et permettre la surveillance des déplacements.

Le fameux bandit Duramé, qui sévit dans la région depuis 1789, se fait arrêter le 9 janvier1797 après avoir tenté de cambrioler un hôtel de Grand-Couronne. Ce sera là son dernier méfait.

À partir de l’An II (1793-1794) les guerres deviennent quasiment continues. En 1798, la commune compte 12 soldats de la première réquisition. Il y avait eu 27 volontaires en 1792 et 17 requis.

Des changements d’habitudes se préparent.

Ainsi, en avril 1795, le franc devient la monnaie nationale basée sur le système décimal. Sont abolis les séculaires denier, sou et livre.

Le système métrique unifie les mesures qui jusque là variaient d’une région à l’autre. Mètre, litre, gramme, etc devront être désormais utilisés.

Mais les nouvelles unités mettront très longtemps à être effectivement employés. Il faudra attendre le milieu du XIXesiècle et la généralisation de l’école pour que ces changements entrent vraiment dans les mœurs et que même des documents officiels cessent de parler d’acres, de sous ou de livres.

Au milieu du XXe siècle, on utilisera encore la pièce de 20 sous et au début du XXIe on achète encore une livre de beurre.

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Moyen Âge

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Moyen Âge

      

Le plus ancien document (un cartulaire de l’abbaye de la Trinité du Mont) où apparaît le nom de Couronne sous la forme Curtulmo, date de 1024 environ. À partir de ce moment, l’existence d’une communauté villageoise sera confirmée par des citations, dans des textes, de plus en plus nombreux au fil du temps. Grand-Couronne, Petit-Couronne et une partie de Moulineaux ne forment alors qu’une seule paroisse, autour d’une église située à Grand-Couronne. L’origine du nom Couronne semble bien être scandinave. Les formes que revêt cette appellation, latinisée dans les écrits, paraissent le prouver : Curtehulm, Curtehulmi, Corhulma, Corolme, Curulmum, Coronam proviendraient de Corholm signifiant “endroit frais, humide”.

La séparation des deux Couronne apparaît au 12e siècle dans les archives : “Corulmo minore”, “Magna Coroma”. “Molinelles” (Moulineaux) est cité dans un texte de 1066.

 

Il semble qu’une solide communauté se soit constituée très tôt à Grand-Couronne. En effet, vers 1150, l’impératrice Mathilde (qui apparaîtra ensuite sous le nom d’emperesse ou “reine” qu’elle n’a jamais été) fait don à la communauté du village de vastes prairies situées dans la partie basse du lieu. Les documents mentionnant cet événement semblent définitivement perdus, mais la légitimité de la possession collective ne peut être mise en doute. En effet, au long des siècles, la paroisse fut en but aux prétentions du pouvoir royal désireux de mettre la main sur ces terres. Des procès opposèrent le modeste village à la puissance royale en 1523 mais surtout à partir du 17e siècle : 1627, 1628, 1636, 1657. Son dossier devait être solide et bien documenté puisque le transfert à l’État ne se fit jamais malgré l’obstination de celui-ci. En 1815 une nouvelle tentative de la monarchie se termine par la reconnaissance par le baron Louis des droits de possession des “communaux” par le village. Mais ce n’est qu’en 1830 que ce litige prit définitivement fin. Au fil des siècles, une bonne partie des ressources de la paroisse, puis de la commune, provient des prairies; à certaines périodes, elles représentèrent plus de la moitié de ses revenus ! Une organisation précise, qui se maintint pour l’essentiel jusqu’à la disparition des “communaux” prévoyait deux types d‘utilisation: une période de l’année où les bêtes des tiraient des recettes de biens situés à Grand-Couronne. Les abbayes de Jumièges (1025), Saint-Ouen (1026), Fécamp (1035), les Sœurs lépreuses de Quevilly (1183), La Trinité du Mont, l’Hôtel-Dieu.

Au XIIIe siècle la paroisse comptait 120 feux soit environ 600 habitants pouvaient paître contre paiement d’une taxe, une autre où le foin était vendu. Ce système perdura jusque dans les années 1930-1940. Des Couronnais se souviennent encore que du foin fut distribué à la fin des années 1940.

 

Une église Saint-Martin fut élevée aux 11e-12e siècles. Elle fut remplacée par une autre au 13e siècle. Il subsiste de celle-ci le clocher, construit dans la deuxième moitié du siècle, et le chœur élevé au 14e siècle. La nef a été totalement refaite au 19e siècle.

   

Une autre construction voit le jour, probablement au 13e siècle : Le Manoir du Roi, ou manoir Fichon, situé à l’endroit où s’élève maintenant la mairie. Faisant partie du domaine royal, il vit passer momentanément Blanche de Castille, mère de saint Louis, en 1212, et vraisemblablement celui-ci vers 1250. Mais c'est surtoutPhilippe le Bel qui y fit plusieurs séjours en 1290, 1304, 1309, 1312, attestés par des décisions royales datées de Grand-Couronne, La forêt du Rouvray, giboyeuse, attirait ce gros chasseur. Une léproserie Saint-Marc fut édifiée au 13e siècle également vers Moulineaux. De nombreux établissements religieux  habitants.

   

La guerre de Cent Ans fut une épreuve pour la paroisse comme toutes celles entourant Rouen. Le 6 janvier 1357 les Navarrais de Charles le Mauvais, qui faisaient cause commune avec les Anglais, brûlèrent le Manoir du Roi, qui ne fut jamais reconstruit, l’impécuniosité du roi étant en cause. Seule, la chapelle Saint-Eustache, adjacente au manoir, fut épargnée. Dans le temps le site du Manoir et ses ruines furent vendus plusieurs fois, mais il garda son nom au moins jusqu’au 18e siècle.

Les défrichements opérés dans la forêt de Rouvray par les moines, dont ceux de Grammont et de Saint-Dominique d’Émenneville, sont attestés dès le 12e siècle. L’un d’eux portait le nom d’Essart Fichon, celui-ci étant le chef des archers de Philippe le Bel. Le hameau des Essarts lui-même est attesté sous ce nom en 1454. Là aussi la guerre de Cent Ans fit des ravages. Un aveu de 1399 par le fief des Essarts précise : “ …par les mortalités et fortunes …” sont les dites terres tournées en bocages, en ruines et en désert sauvage de fougères, de genêts et d’autres bois. De même, le cheptel agricole d’élevage avait fortement diminué par les rapines des pillards et des gens de guerre.

Durant le 15e siècle, se précisent les droits d’usage de la forêt (interdiction d’y mener paître les moutons, privilège d’y prendre du bois décerné à la paroisse, droits de chasse…). Les travaux d’aménagement du Marais se multiplient (mention du fossé Blondel en 1411).

Malheureusement, la guerre renaît, sporadiquement, avec son cortège de mercenaires avides de butin qui désolent la rive gauche de la boucle de la Seine. En 1418, “exploit légendaire” des hommes d’Henri V d’Angleterre qui font traverser par ses bateaux, à travers la forêt, cette boucle de la Seine de Grand-Couronne à Orival en les halant.

   

À la fin de la guerre de Cent Ans (1453) et des épidémies de peste, récurrentes depuis 1348, la paroisse de Hautot-sur-Seine, qui avait 200 habitants au 13e siècle, tomba à 30, puis atteignit 60 en 1471 ! Grand-Couronne fait alors partie des 57 paroisses qui appartiennent en fief au temporel de l’abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives.

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Moyen Âge

Publié le par societe-histoire-grand-couronne.over-blog.fr

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